Le panachage était roi hier à Jezzine, théâtre d'un important bras de fer entre les deux listes de l'opposition. La liste des indépendants se trouvait en situation précaire, malgré un certain optimisme affiché dans les milieux proches du candidat pour l'un des deux sièges maronites, Edmond Rizk.
Jezzine, 10h. Le calme règne dans les rues de la ville, entrecoupé par des chansons diffusées à tue-tête par les partisans du Courant patriotique libre (CPL), qui sillonnaient par moments les rues, brandissant haut et fièrement les fanions à la couleur orange du parti. Une couleur presque omniprésente dans le caza où d'immenses portraits du chef du CPL, Michel Aoun, ont été érigés, aux côtés de ceux, plus modestes, des trois candidats sur la liste du parti, Ziyad Assouad et Michel Hélou (maronites), et Issam Sawaya (grec-catholique).
Les portraits des candidats sur les listes adverses, notamment ceux de Samir Azar, qui préside la « Liste de Jezzine », appuyée par le mouvement Amal, et d'Edmond Rizk, à la tête de la « Liste indépendante de Jezzine », se font plus discrets.
Non loin des partisans du CPL sur la place de la ville, des partisans des Kataëb ont dressé à proximité du bureau régional du parti des portraits du candidat du Metn, Samy Gemayel, et des fanions rouges à l'effigie du candidat à Beyrouth I, Nadim Gemayel, ainsi que ceux de feus Bachir et Pierre Gemayel.
Contrastant avec le calme des rues, les bureaux de vote grouillent d'électeurs qui s'y sont rendus dès les premières heures de la journée. Les files d'attente s'allongent et les électeurs se plaignent - comme dans les autres régions du pays d'ailleurs - de la lenteur du processus électoral. « On aurait dû prévoir un plus grand nombre de bureaux », s'indigne une électrice - la gent féminine a participé massivement au scrutin d'hier. « Au moins, ils auraient dû prévoir une entrée et une sortie aux bureaux de vote », poursuit-elle.
« Ça y est, je m'en vais, soupire une autre femme. J'attends depuis une heure et demie. Ce n'est pas possible. »
Même paysage à Bénouati, le seul village sunnite du caza, comptant quelque 685 voix. Les files sont moins longues, mais l'attente se prolonge. « Certains électeurs ne sont pas au courant ni informés des mesures prises, explique une responsable dans un bureau de vote du village. Ils sont surpris par l'encre. Nous devons répondre à leurs questions, ce qui ralentit encore plus le processus. »
« Il n'est que 13h, souligne pour sa part le chef du bureau de vote. Ils ont tout le temps pour voter. Pourquoi la hâte ? »